Au cœur de la reconversion de l’Hôtel-Dieu d’Orléans, le paysage accompagne la renaissance de ce patrimoine hospitalier du XIXe siècle et son ouverture à de nouveaux usages. Il compose une succession de seuils, de cours et de jardins qui révèle l’architecture, organise les circulations et relie l’hôtel, la résidence de coliving et l’espace public.


Depuis la Porte Madeleine, la cour d’entrée prolonge le réseau de places du quartier des Carmes. Son sol en pierre naturelle, dont le calepinage distingue cheminements et dépose-minute, préserve la sobriété du parvis et le recul nécessaire à la lecture de la façade. Au-delà, la cour d’honneur retrouve la rigueur de sa composition. Un cadre minéral accueille terrasses et déambulations, tandis que le carré central réinterprète le jardin à la française : tracé géométrique, cheminements en stabilisé, bordures de pierre, haies basses, vivaces, graminées, rosiers et ifs en topiaire. La fontaine marque le cœur de cet espace de représentation désormais habité. Plus intimes, les deux patios donnent à voir, depuis le bâtiment, des fragments des paysages orléanais. Chênes, bouleaux, fougères, graminées et plantes de milieux frais composent des scènes adaptées à l’ombre et à l’humidité.


À l’ouest, le jardin intérieur forme une lisière entre l’hôtel et le coliving. Trois épaisseurs organisent la transition : un jardin ordonnancé au pied de l’hôtel, un creux planté d’arbres recueillant les eaux de ruissellement des terrasses, puis un espace de vie minéral équipé de grandes tables et d’assises. Cette structure associe mise à distance, convivialité et gestion de l’eau. Par la diversité de ses ambiances, le projet transforme l’ancien domaine hospitalier en un paysage habité, ouvert et fédérateur, où patrimoine, usages et vivant se répondent.




