Le site s’inscrit dans une situation de transition, à l’interface entre les espaces agricoles ouverts et le tissu résidentiel du cœur historique. Cette position singulière lui confère un rôle stratégique à la fois paysager, écologique et hydraulique.

Le diagnostic met en évidence une morphologie en terrasses déjà perceptible, ainsi qu’un contexte végétal structurant en lisière, constituant un socle propice à l’émergence d’un projet ancré dans la topographie existante. Cette lecture du site oriente le projet vers une intervention mesurée, limitant les mouvements de terre et valorisant les dynamiques naturelles du lieu.

Le parti d’aménagement repose sur la création d’un jardin inondable structuré en terrasses successives, qui accompagne la pente et permet une gestion intégrée des eaux pluviales. L’eau devient ici un élément fondateur du projet, non pas dissimulé mais mis en scène, participant à la qualité d’usage et à l’identité du lieu. Le dispositif vise à ralentir, stocker et infiltrer les eaux issues du bassin versant amont, contribuant ainsi à limiter les phénomènes de ruissellement en aval.

L’organisation spatiale s’articule autour de plusieurs séquences paysagères complémentaires : terrasses humides, zones diversifiées, espaces arborés et terrasses sèches. Chacune de ces entités répond à un usage spécifique tout en intégrant une fonction hydraulique, dans une logique de multifonctionnalité des espaces.


Le projet vise également à constituer un haut lieu de biodiversité, en s’appuyant sur la diversité des milieux créés (zones humides, prairies, bosquets) et sur une gestion différenciée. Les plantations participent à la structuration des espaces tout en renforçant les continuités écologiques. L’introduction de bosquets et de clairières permet de fragmenter les grandes surfaces, de rompre avec la lecture agricole initiale et d’inscrire le site dans une écriture plus paysagère et habitée.

Le projet intègre une dimension d’usage affirmée, en proposant des parcours, des belvédères et des espaces de détente, favorisant la découverte progressive du site et de ses ambiances. Le jardin devient ainsi un support pédagogique et récréatif, où les phénomènes naturels, en particulier le cycle de l’eau, sont rendus visibles et compréhensibles.